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Du scénario au roman : l’origine du projet

Toute mort…

Il y a quelques années, Les Lucifériens n’était pas un roman. D’ailleurs, le projet ne portait même pas ce titre. C’était un scénario de film, écrit par un ami scénariste et réalisateur.

Son concept reposait sur le principe du found footage, inspiré de films comme Paranormal Activity. On y découvrait les confessions d’un membre d’une société secrète, filmées sur des cartes mémoire et envoyées à un réalisateur inconnu et indépendant : lui-même, mettant ainsi en place une méta-narration captivante dans laquelle il présentait un film à peine monté à partir de rushs qu’il n’avait pas tournés.

Une idée brute, viscérale, immersive.

À l’époque, l’histoire portait donc un autre nom : Confessions d’un Illuminati.

Si ce titre collait on ne peut mieux au concept, il frappait fort. Trop fort, même, puisqu’il s’est vu immédiatement attribuer l’étiquette aussi réductrice qu’encombrante de complotiste.

Résultat : malgré d’excellents retours sur sa qualité intrinsèque, aucune aide publique ne lui fut accordée, aucun financement ne fut bouclé. Et malgré un casting déjà bien avancé, des tests pour les SFX, l’élaboration de teasers, des repérages pour les lieux principaux, des recherches pour les costumes et décors, l’idée d’en faire un film pour le cinéma a été abandonnée.

…est un commencement.

Le projet était donc définitivement enterré, quand j’ai commencé à m’y intéresser. J’ai réussi à convaincre mon ami de sortir le scénario de son tiroir et de me laisser le reprendre sous une autre forme, sans le trahir pour autant.

Si le titre original exprimait clairement la nature du film (des confessions vidéo), il avait été également la raison principale de son avortement. Je me trouvais comme un médecin face à un patient plongé dans le coma artificiel et cherchant un moyen de le sortir de cet état végétatif, de le ramener à la vie.

On retrouve souvent associée à l’idée de renaissance celle d’une nouvelle personne, différente de celle d’avant. Ce changement trouve son expression dans un nouveau nom, preuve d’une nouvelle identité. Il s’agit donc de souligner une évolution et non de consommer une rupture.

Sans rien spoiler (j’ai horreur de ça, au point que je ne rédige même un résumé pour les « 4ᵉ de couverture » – ni ne lis ceux qui se trouvent au dos des livres que j’achète), dès le début du récit, l’auteur des vidéos explique que le terme « illuminati » n’est qu’une diversion, un écran de fumée destiné à détourner l’attention. Lui et les siens lui en préfèrent un autre : Lucifériens.

Ce glissement sémantique m’a d’autant plus enthousiasmé qu’il ouvrait une porte immense : celle d’un imaginaire plus vaste, plus riche et, surtout, plus occulte.

Alors, j’ai abandonné le titre d’origine et opté pour Les Lucifériens : L’Initié.

Toutefois, même si cette première étape demeurait indispensable, il était indiscutable qu’il me faudrait aller bien plus loin dans mon processus de réécriture.

La question cruciale de l’adaptation : fidèle jusqu’où ?

C’est LA question que l’on se pose à chaque fois que l’on doit attaquer un travail d’adaptation : quel niveau de liberté choisissons-nous de prendre par rapport à l’œuvre originale ? Un peu comme lors d’une traduction : allons-nous privilégier la lettre ou l’esprit ?

Pour entamer la réflexion, il n’est pas inutile de répondre au préalable à cette question : pourquoi vouloir adapter l’œuvre originale ?

Ici, les raisons principales sont évidentes :

  • s’affranchir des aides indispensables à la production d’un film ;
  • échapper à la censure économique qui en découle (cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus de films censurés en France, et pour cause : on s’assure simplement en amont que ces films indésirables ne puissent se financer et, donc, exister).
  • enfin, gagner la possibilité de déployer les symboles, les rituels, les secrets sans être limité par les contraintes d’un budget.

On le voit, ces trois raisons vont toutes dans le même sens : s’affranchir de contraintes créatives puisant leur origine exclusivement dans des impératifs économiques imposés par la production d’un long-métrage cinéma. Ici, l’adaptation devient un permis de vivre, la liberté de porter une œuvre vers le public et de la partager avec lui.

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, cela revient à défendre le Graal.

D’autant plus que maintenant, le roman devenait un espace où je pouvais construire un univers occulte cohérent et terrifiant, sans avoir à rendre de comptes à un producteur ou à une commission.

Vivre, c’est choisir.

Restait à faire LES choix déterminants, fondamentaux de ma narration.

Le premier s’imposa de lui-même : conserver le principe créatif de l’œuvre originale, celui qui est la résultante directe de l’aspect « confessions » du projet et qui lui donne tout son sens. Je devais trouver un moyen de restituer l’essence du Found Footage sans montrer, seulement en écrivant.

De là, de nouvelles options se sont présentées à moi. Plein. Trop. Papier, crayon, listes, rayures, rajouts, gommages (c’est d’ailleurs pour ça que j’écris au crayon et pas au stylo), nouvelles listes, café (très important, le café), étirements, 100 pas, café. Et on recommence, jusqu’à ce que je pose mes choix définitifs.

L’histoire est désormais racontée à travers deux agents des services secrets français, chargés de retranscrire les cartes mémoire qui contiennent la confession de l’Initié. Cela me permit de regrouper en un récit fluide les séquences qui, dans le film, avaient été prévues avec un dispositif incluant plusieurs caméras : là où l’écran devait se diviser en plusieurs parties pour montrer l’action sous plusieurs axes, ou deux actions se déroulant simultanément, mes agents de la DGSE mirent en place un système de renvoi aux vidéos originales qui leur permit de retranscrire de manière continue l’action en optant à chaque fois pour décrire la situation à partir de la meilleure source d’enregistrement.

Mieux encore : en poussant plus loin le concept, j’ai joint l’utile à l’agréable. Certains passages du rapport renvoient à des fichiers externes où se trouvent des informations complémentaires, des rapports externes, des preuves photos ou vidéos. J’ai trouvé là une excellente manière d’alléger, à certains moments, la narration en retranchant certains passages pour les intégrer dans ces documents externes, mais aussi, et surtout, d’enrichir le scénario original en y ajoutant de nouvelles informations.

D’ailleurs, à ce stade, une question (voire deux) devrait vous titiller l’esprit ? 😉

Tout commencement est un enterrement.

De ce qui pouvait paraitre une défaite, l’abandon du projet du film est devenu l’opportunité d’une transformation.

Le projet a changé de peau, comme un serpent qui mue.

Ou mieux, il a fait sa chrysalide (appel du pied un peu lourd à ma ME préférée).

Ainsi, de Confessions d’un Illuminati est né Les Lucifériens : L’Initié.

Pourquoi « L’initié » ?

Bonne question ! On en parlera ici, bientôt.😉

D’ici là, si vous osez vous plonger dans ces ténébreuses confessions, n’oubliez pas :

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